À dix-sept ans, j'ai compris que je pourrais bientôt voter, mais j'ignorais comment la réalité sur laquelle j'étais censée avoir une influence s'organisait. Je ne voulais pas choisir des personnes et des slogans sans comprendre les rouages de la politique. J'ai donc commencé par des définitions, des encyclopédies et la comparaison des systèmes. Internet commençait à peine à se développer en Pologne à l'époque, et je ne venais pas d'une famille qui m'aurait permis d'accéder très tôt à une vaste bibliothèque de connaissances. J'ai dû me débrouiller avec les informations disponibles.
Cette recherche m'a menée en Suisse. L'autonomie citoyenne y était primordiale : la possibilité d'influencer la loi non seulement en élisant un représentant tous les quelques années, mais aussi par le biais d'initiatives et de référendums. Plus tard, la théorie a rejoint la pratique lorsque je me suis installée en Suisse. C'est alors seulement que j'ai compris que le système n'était pas une abstraction théorique. Il est visible dans les administrations, pour l'immatriculation des véhicules, la création d'une petite entreprise et dans la manière dont les institutions traitent les citoyens.
Je ne crois pas qu'il suffise de copier trois solutions suisses et de les transposer en Pologne. Le système étatique est trop complexe pour être sauvé par un seul principe. La subsidiarité sans obligation de rendre des comptes risque de reléguer un mécanisme défaillant à un niveau inférieur plutôt que de le réparer. Un référendum sans droits individuels ni protection des minorités peut devenir un instrument au service d'une majorité éphémère. Un marché libre sans règles peut mener à un féodalisme privé. Les éléments doivent fonctionner de manière complémentaire.
La civilisation n'est pas un système étatique
Dans ma réflexion, je m'appuie sur une distinction inspirée du concept de civilisation de Feliks Koneczny. Pour moi, la civilisation est un ensemble de principes fondamentaux et une manière d'organiser la vie collective. Un système étatique, en revanche, est une structure spécifique d'institutions, de compétences et de procédures. Ces concepts ne sont pas interchangeables.
La Pologne et la Suisse peuvent être issues de la même civilisation latine, et pourtant offrir des conditions de vie totalement différentes à leurs citoyens. C'est précisément ce qui est important à mes yeux : une civilisation n'est pas tenue de produire un modèle unique d'État. Différents systèmes peuvent se concurrencer, tester différentes solutions, et les citoyens peuvent également les comparer en choisissant où vivre.
La question n'est donc pas de savoir comment nommer une structure idéale unique. Il s'agit plutôt de déterminer quel système étatique traduit le mieux des valeurs spécifiques dans les relations quotidiennes entre les individus, les communautés, les communes, les régions et la Confédération.
Je n'ai pas de réponse unique et miraculeuse. Je vois plutôt des strates qui doivent se soutenir mutuellement : la dignité individuelle, la liberté associée à la responsabilité, la famille et la communauté, l'État de droit, la propriété, l'esprit d'entreprise, l'autonomie locale, les mécanismes d'autorégulation, la sécurité et une culture de confiance. La Suisse n'applique pas parfaitement ces principes, mais dans de nombreux domaines, elle se rapproche davantage de mon modèle de travail que la Pologne.
Les décisions doivent être prises au plus près de leurs conséquences
La Suisse répartit le pouvoir entre la Confédération, 26 cantons et plus de deux mille communes. Les cantons ont leurs propres constitutions, parlements, gouvernements et tribunaux, et les compétences non attribuées à la Confédération leur restent généralement acquises (DFAE, « Fédéralisme »). Des exemples officiels de cette répartition des compétences montrent, entre autres, la responsabilité fédérale en matière de défense et de politique étrangère, la responsabilité cantonale en matière de police et d'éducation, et la responsabilité municipale pour certaines infrastructures locales.
Cela ne signifie pas que chaque décision doive automatiquement incomber à la municipalité. Je ne souhaite pas décider arbitrairement du niveau de compétence de chacun ; une telle action irait à l'encontre même de l'objectif. Cette répartition doit se construire historiquement, volontairement et de manière ascendante, par le biais de négociations entre les habitants d'un territoire donné. Elle doit également pouvoir évoluer lorsque l'expérience démontre l'inefficacité de la solution précédente.
La sécurité en est un bon exemple. L'armée est un instrument de la Confédération, tandis que le maintien de l'ordre public relève principalement de la responsabilité des forces de police cantonales, municipales et de la ville ; la police fédérale (FedPol) coordonne la coopération et traite les affaires relevant de sa compétence (fedpol, « Coopération policière »). Il ne s'agit pas d'un modèle « armée et police cantonales communes », mais d'une répartition des responsabilités à plusieurs niveaux.
Je perçois une logique similaire dans le domaine de l'éducation. Un programme scolaire uniforme pour l'ensemble du pays garantit certes un socle commun de compétences, mais les populations côtières et montagnardes vivent dans des environnements différents, sont confrontées à des conditions différentes et peuvent avoir besoin de connaissances pratiques quelque peu différentes. Je ne prétends pas connaître la répartition idéale des programmes scolaires. Je crois que les citoyens devraient pouvoir les élaborer et comparer les résultats de différentes solutions, plutôt que de recevoir tous les détails d'un seul centre.
La Pologne n'est pas dépourvue de gouvernement local. La Constitution la définit simultanément comme un État unitaire et impose la décentralisation du pouvoir public ; les collectivités locales exercent une part importante de leurs fonctions en leur nom propre et sous leur propre responsabilité (Constitution de la République de Pologne, art. 3, 15-16 et 163-170). La différence ne réside donc pas dans le fait que la Suisse possède un gouvernement local tandis que la Pologne en est dépourvue. Cela concerne le degré d'autonomie, le statut constitutionnel des régions et la possibilité pour les citoyens de corriger les décisions prises à un niveau supérieur.
La démocratie comme possibilité permanente de correction
Plus jeune, je considérais la Suisse comme la seule démocratie et les autres systèmes représentatifs comme une caricature. Aujourd'hui, il convient de nuancer ce propos. La Suisse possède également un Parlement et un Conseil fédéral de sept membres élus par le Parlement. C'est une démocratie fédérale représentative dotée d'instruments directs exceptionnellement étendus (DFAE, « Système politique »).
Au niveau fédéral, 100 000 citoyens peuvent déposer une initiative de révision constitutionnelle dans un délai de 18 mois. Un référendum facultatif sur une loi du Parlement requiert 50 000 signatures dans un délai de 100 jours. Les amendements constitutionnels sont soumis à un référendum obligatoire et requièrent la majorité des suffrages exprimés par les électeurs et les cantons (DFAE, « Système politique »). Les citoyens ne sont donc pas de simples destinataires des promesses de leurs représentants. Ils disposent de mécanismes réguliers pour proposer, bloquer et évaluer les lois.
En Pologne, un référendum national est convoqué par la Diète (Sejm) ou le Président de la République, avec l'accord du Sénat. Son résultat est généralement contraignant à la majorité qualifiée de plus de la moitié des électeurs inscrits (Constitution de la République de Pologne, art. 125). Il ne s'agit pas d'un mécanisme permanent et ascendant de veto législatif comparable au référendum facultatif suisse.
Pour moi, le plus important est la possibilité de rectification. Les gens peuvent être influencés par des discours extérieurs, adopter une solution à la mode ou commettre une simple erreur. Un référendum ne garantit pas la sagesse. Cependant, il permet d'observer les conséquences au fil du temps et de rouvrir le débat sans révolution. Le système a le droit à l'erreur, mais il doit disposer d'une procédure pour corriger pacifiquement ses erreurs.
La confiance se manifeste au guichet
La théorie du fédéralisme ne détermine pas encore la manière dont un citoyen sera traité le lundi matin. Pour moi, les expériences quotidiennes ont été importantes. Dans ma vingtaine, j'aidais mes collègues à communiquer en anglais dans les bureaux suisses, bien que le pays fonctionne dans un environnement multilingue. La Suisse compte quatre langues nationales : l'allemand, le français, l'italien et le romanche. Au niveau fédéral, les trois premières sont les principales langues officielles, et le romanche est utilisé pour les communications officielles avec les personnes de langue romanche (DFAE, « Multilinguisme »).
Je me souviens des fonctionnaires qui aidaient les gens à prendre la bonne décision, au lieu de les envoyer se débrouiller avec un simple document. Je ne prétends pas que ce soit représentatif. Il s'agit de mon expérience personnelle d'un système où l'administration fonctionnait davantage comme un service aux citoyens que comme un labyrinthe conçu pour tester sa résistance.
Le contrôle technique des véhicules professionnels fonctionnait de la même manière. L'administration envoyait une convocation. Si le rendez-vous ne me convenait pas, je pouvais le modifier par téléphone, par courriel ou en personne. Le fait de manquer le rendez-vous entraînait une légère conséquence financière, puisque quelqu'un avait réservé le créneau. En cas de défaut constaté, la procédure pour une nouvelle inspection était simple. L'obligation restait une obligation, mais le système était organisé de manière à ce qu'elle puisse être respectée.
Lors de l'immatriculation de ma voiture, l'agent m'a remis les plaques avant même que je paie la taxe et m'a dit me faire confiance. Je suis revenu avec la confirmation, même s'il ne me l'avait pas demandée. Ce petit incident illustre l'importance du retour d'information : la confiance manifestée peut engendrer la responsabilisation, et cette responsabilisation permet au système de réduire le coût des contrôles. Toutes les relations officielles ne peuvent pas fonctionner ainsi, mais il est intéressant de noter comment une institution influence les comportements individuels plutôt que de simplement présumer de la culpabilité.
Barrières à l'entrée, fiscalité et marge de manœuvre
J'ai également constaté cette différence en essayant de gérer une petite boutique en ligne. En Suisse, l'entreprise individuelle est créée dès le démarrage d'une activité indépendante et viable et ne requiert aucun capital minimum. L'inscription au registre du commerce est obligatoire pour les entreprises exerçant une activité commerciale et dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 100 000 francs suisses. Des obligations subsistent, notamment en matière de reconnaissance du travail indépendant, de fiscalité et de permis de travail (Portail suisse des PME, « Forme juridique : Entreprises individuelles » ; « Travail indépendant : Lignes directrices »).
Il ne s'agissait donc pas d'une « entreprise sans entreprise » au sens d'une absence totale de réglementation. C'était l'opportunité de lancer une petite entreprise sans être traité comme une société à part entière dès le départ. Je devais collecter des données et réagir une fois certains seuils franchis. Le système laissait place à l'expérimentation avant que l'activité n'atteigne une envergure justifiant l'ensemble des formalités.
En Pologne, j'ai ensuite tenté de lancer une galerie d'art en ligne. L'intégration des paiements et les exigences relatives à l'origine des œuvres, aux contrats et à la lutte contre le blanchiment d'argent ont empêché la réalisation du projet. Je ne peux pas tirer de conclusions sur l'entrepreneuriat polonais dans son ensemble à partir d'un seul cas. Il est également important de distinguer le droit étatique des exigences d'un prestataire de services de paiement privé. Cependant, je peux affirmer en toute honnêteté qu'en tant que petite entreprise, j'ai connu deux seuils d'entrée totalement différents.
Le seuil d'entrée ne se limite pas aux registres et formulaires. Il englobe également les impôts, les cotisations, la responsabilité, l'accès aux paiements et le nombre d'obligations à remplir avant même de pouvoir tester l'idée. Chacun de ces éléments modifie le coût de l'expérimentation. Un système peut permettre à une personne de créer de la valeur dans un premier temps et d'ajouter des obligations seulement à mesure que son activité se développe, ou bien il peut traiter un petit échantillon comme une entreprise mature dès le départ.
Le taux normal de TVA est actuellement de 8,1 % en Suisse et de 23 % en Pologne (Administration fédérale des contributions, « Taux de TVA suisse » [https://www.estv.admin.ch/en/vat-rates-switzerland] ; Ministère des Finances, « Taux de TVA » [https://www.podatki.gov.pl/podatki-firmowe/vat/stawki-i-limity/]). Dans un exemple simplifié, un téléphone dont le prix net est de 1 000 unités coûterait 1 081 unités au taux suisse et 1 230 unités au taux polonais. La différence est de 149 unités. Cet exemple isole volontairement la TVA elle-même : il ne tient pas compte du taux de change, des droits de douane, des marges, des coûts de distribution, des taux réduits ni des différences de prix entre les marchés.
C’est pourquoi je compare le prix au revenu, et non pas seulement la taxe entre elle. Les séries comparables de l'OCDE pour 2024, qui corrigent les différences de prix grâce à la parité de pouvoir d'achat, montrent que le salaire annuel moyen en Suisse était plus de deux fois supérieur à celui de la Pologne (OCDE, « Salaires annuels moyens »). Dans l'exemple modélisé, l'acheteur polonais paie non seulement un prix brut plus élevé en raison de la TVA, mais cette dépense représente également une part plus importante de son salaire. Les données de l'OCDE décrivent le salaire brut moyen, et non le revenu disponible d'une personne en particulier ; elles illustrent donc le mécanisme et le sens de l'écart, et non la situation de chaque ménage.
Cela ne signifie pas qu'un taux unique détermine la qualité d'un pays. Cela signifie toutefois que la conception fiscale a des conséquences concrètes sur le prix d'achat, le capital conservé par le client et l'entrepreneur, ainsi que sur la rentabilité d'une petite expérimentation. Une comparaison exhaustive nécessiterait de prendre en compte l'impôt sur le revenu, les cotisations, les seuils, les allégements fiscaux, le coût du travail et les compétences des différents niveaux de gouvernement. Il s'agit d'un sujet distinct. Dans cet article, la TVA est un exemple concret du système dans son ensemble, et non une évaluation définitive.
L'expérience n'est pas le seul point de référence
Mes exemples sont personnels, mais les différences entre les pays ne se limitent pas à mes souvenirs. L'Indice de développement humain (IDH) constitue un point de référence utile, bien qu'imparfait. L'IDH ne se compose pas du PIB, comme on le simplifie parfois, mais de l'espérance de vie, du niveau d'éducation et du revenu national brut par habitant. Il combine donc la santé, la capacité d'acquérir des connaissances et les conditions de vie matérielles (PNUD, « Indice de développement humain »).
Dans le Rapport sur le développement humain 2025, établi à partir des données de 2023, la Suisse a atteint un IDH de 0,970, se classant troisième, tandis que la Pologne a obtenu un IDH de 0,906, se classant 35e. Le revenu national brut par habitant, calculé en parité de pouvoir d'achat (PPA) en dollars internationaux de 2021, était respectivement de 81 949 et 42 218 (PNUD, « Rapport sur le développement humain 2025 » [https://www.undp.org/sites/g/files/zskgke326/files/2025-05/human_development_report_2025.pdf], tableaux 1 et 2).
Ce résultat ne constitue pas une preuve mathématique que les performances de la Suisse soient dues aux référendums, au fédéralisme ou à une TVA plus faible. L'IDH ne mesure pas non plus la qualité globale d'un État : il ne décrit pas directement la liberté politique, la sécurité, les inégalités, la qualité de l'administration ou la responsabilité des citoyens. Cependant, cela montre que mon expérience n'est pas en contradiction avec des constats socio-économiques plus généraux. Des observations empiriques suggèrent un mécanisme ; un indicateur comparable permettrait de vérifier si cette tendance se confirme au-delà.
Le prix de l'autonomie
Le modèle suisse n'est pas une machine à prendre de bonnes décisions. La démocratie directe peut être lente. Faire campagne et recueillir des signatures nécessitent des ressources inégalement réparties entre les groupes. Le fédéralisme peut engendrer des disparités de services et d'opportunités entre les cantons. Les documents officiels suisses eux-mêmes soulignent certaines de ces limites (DFAE, « Passeport de la démocratie suisse »).
Cependant, je ne considère pas l'absence de droit de vote fédéral pour les étrangers comme un inconvénient. Au niveau fédéral, les citoyens suisses âgés de plus de 18 ans peuvent voter. Parallèlement, certains cantons et communes accordent aux étrangers le droit de vote au niveau cantonal ou local. Il est donc faux d'affirmer qu'une personne sans nationalité suisse ne peut participer aux décisions où que ce soit (Portail du gouvernement suisse, « Le droit de vote en Suisse »). À mon sens, la participation aux décisions concernant l'ensemble de l'État devrait être liée à l'appartenance à la communauté politique et ne pas découler automatiquement de la seule résidence.
Actuellement, la naturalisation ordinaire requiert généralement dix ans de résidence, un permis C et le respect des conditions d'intégration. Des conditions cantonales et communales s'appliquent également (Secrétariat d'État aux migrations, « Naturalisation ordinaire »). J'envisagerais un filet de sécurité plus long : par exemple, 25 ans ou une période correspondant à un tiers ou à la moitié de l'espérance de vie moyenne dans une zone donnée. Je ne présente pas cela comme une solution optimale éprouvée ni comme une description du droit actuel. Il s'agit d'une proposition fondée sur le principe que l'intégration prend du temps et qu'une communauté doit pouvoir distinguer entre la prise en charge permanente des responsabilités et le simple recours à ses institutions.
Le temps, à lui seul, ne suffit pas à mesurer l'intégration. Une personne peut mieux connaître la langue, les règles et la communauté après dix ans qu'une autre après vingt-cinq ans. Une longue période constituerait donc un filet de sécurité protecteur pour la communauté, mais risquerait aussi de freiner l'intégration de ceux qui sont véritablement intégrés. Un modèle équitable devrait allier le temps à des critères transparents, la possibilité d'un recours et une évaluation de la participation réelle.
Le problème de la majorité demeure. Le droit de vote ne suffit pas si les droits individuels inviolables, les procédures équitables et la protection des minorités font défaut. C'est pourquoi je ne souhaite pas réduire le modèle aux référendums. La démocratie directe est un mécanisme correctif, mais elle ne fonctionne correctement que dans un cadre juridique et culturel plus large.
Le coût le plus difficile est peut-être la responsabilité elle-même. Il est plus facile d'affirmer que l'État, un employeur ou un homme politique doit se soucier de l'avenir. Dans un système qui donne aux citoyens une plus grande influence, il est plus difficile de prétendre que les décisions ont été prises par un parfait inconnu. La liberté sans responsabilité mène au chaos, mais la responsabilité sans liberté engendre la violence. Les deux sont nécessaires.
On juge un État à sa capacité d'autocorrection.
Je ne prétends pas que la Suisse soit un pays parfait, ni que toutes ses solutions soient transposables en Pologne. Je ne prétends pas non plus que mon expérience en matière de gouvernement et d'économie remplace la recherche institutionnelle comparative. Pour moi, ce sont ces domaines qui donnent forme à la théorie.
La différence la plus importante ne réside ni dans la fiscalité, ni dans la forme, ni même dans le référendum. Elle réside dans la construction de la responsabilité. Un bon système doit permettre aux citoyens de prendre des décisions au plus près de leurs conséquences, de comparer différentes solutions, de corriger pacifiquement leurs erreurs et d'assumer les conséquences de leurs choix. Il doit simultanément protéger l'individu contre la majorité, la collectivité contre l'irresponsabilité individuelle et l'ensemble contre la concentration du pouvoir entre les mains d'un seul centre.
La Suisse est un modèle précieux à mes yeux, non pas parce qu'elle a résolu tous les problèmes, mais parce qu'elle permet institutionnellement la diversité, la concurrence et la correction. La Pologne possède son propre gouvernement local et ses propres mécanismes démocratiques, mais les citoyens disposent de moyens nettement plus limités pour initier et stopper directement le changement à l'échelle de l'État.
La question n’est donc pas « comment copier la Suisse ?» mais plutôt : « comment construire un système qui fasse suffisamment confiance aux citoyens pour leur confier de véritables responsabilités, tout en étant capable de gérer leurs erreurs ?»
Bibliographie
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— Constitution de la République de Pologne](https://trybunal.gov.pl/o-trybunale/akty-normatywny/konstytucja-rzeczypospolitej-polskiej), consulté le 31 août 2026.